L'abricotier

L'abricotier, armeniaca vulgaris, de l'Arménie, plus précoce encore que le pêcher, est plus souvent que lui victime des intempéries de nos printemps.
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On le greffe sur les pruniers de damas blanc, gros damas noir et mirobolan ; on le greffe encore sur saint-julien et cerisette. On le cultive en espalier, en pyramide et en haut vent, où ses fruits acquièrent le meilleur parfum et où toutes les variétés peuvent être cultivées, excepté l'abricotier d'Alexandrie et le noir du pape. Les expositions qui lui conviennent le mieux sont celles du couchant et du midi, où il est quelquefois frappé d'apoplexie : c'est pourquoi quelques arboriculteurs conseillent le nord.

La végétation de l'abricotier est irrégulière : tantôt il pousse vigoureusement et d'autres fois à peine. Ses bourgeons se convertissent en rameaux à bois et à fruits. Les boutons à fleurs sont alternes et répandus le long des rameaux ; ils s'épanouissent tous de mars en avril, longtemps avant les feuilles, ce qui les laisse sans défense contre les intempéries. Ils sont quelquefois agglomérés en grand nombre au sommet de très petites branches, semblables au bouquet de mai du pêcher, et qu'on ne taille pas non plus. L'abricotier en espalier se conduit et se taille comme le pêcher quant à sa charpente, mais il est plus difficile d'en obtenir une parfaite régularité. En pyramide on lui applique les principes que nous avons indiqués pour le poirier. Il faut aussi le tailler quand il est en plein vent, afin de concentrer la sève et de supprimer les pousses de l'intérieur pour permettre à l'air d'y pénétrer librement. En général, la taille de l'abricotier doit être plus courte que celle du pêcher et être faite avant que la floraison soit commencée.

L'ébourgeonnement et le pincement sont essentiels pour éviter la déperdition de sève. On ébourgeonne en supprimant un ou deux des bourgeons doubles ou triples. On pince les bourgeons qui avoisinent le terminal, parce que cette opération les prépare à fruits pour l'année suivante et s'oppose à ce que leurs yeux terminaux développent des brindilles de 5 à 15 cm de longueur, qui, n'ayant pas le temps de s'aoûter avant l'hiver, périssent par la gelée et dénudent tous les sommets des branches. Les branches à fruits de l'abricotier fructifient plusieurs fois, on ne les remplace donc pas annuellement comme celles du pêcher, mais il faut les rapprocher sur un œil à bois près de leur insertion avant qu'elles soient épuisées.

L'abricotier reperce facilement du vieux bois ; on peut donc obtenir, selon le besoin, des rameaux pour substituer aux branches qui s'épuisent. On peut aussi le ravaler et le recéper plusieurs fois ; il supporte facilement ces amputations qui lui assurent une longue existence. Il est assez sujet à la gomme.

Tous les abricotiers mûrissent leurs fruits de mi-juillet à la fin d'août. Les meilleurs abricots à cultiver sont :

Albergier de Montgamet, n° 1, assez gros ; - Albergier de Tours, n° 1, petit ; - Angoumois, n° 1, moyen ; - Beaugé, n° 1, gros ; - De Portugal ou de Provence, n° 1, moyen ; - De Versailles, idem ; - Gros commun, n° 2, assez gros, préféré pour les marmelades ; gros rouge, hâtif, n° 1, moyen ; - Gros Saint-Jean, idem ; - D'Alexandrie, n° 2, moyen ; - Noir du pape, n° 3, petit ; - Pêche de Nancy, ° 1, gros ; - Pourret, idem ; - Royal, idem ; - Viard, idem.