|
Jardin : le jardinier pratique > Généralités sur le jardin et le jardinage > Les moyens d'activer la végétation par la chaleur
Les moyens d'activer la végétation par la chaleurCouches : planches plus ou moins longues, larges, épaisses ou élevées au-dessus du sol, que l’on forme avec divers fumiers, des feuilles, des mousses, et généralement toutes substances fermentescibles capables de développer de la chaleur et de la conserver un temps plus ou moins long.
On les recouvre de terreau ou de terre mélangée, selon la nature des végétaux auxquels elles sont destinées. On les distingue en couches chaude et tiède, qui se font sur le sol qu’on choisit sec et non humide, et en couche sourde, que l’on monte dans une tranchée. Toutes se font de l’est à l’ouest, pour qu’elles jouissent de l’exposition du midi. Pour monter une couche chaude ou tiède, on tend parallèlement deux cordeaux à la distance d’un mètre trente, largeur qu’on adopte généralement à cause de la dimension des coffres, qui est de 1,33 m. On apporte à proximité le fumier dont on veut la former, et on le range par lits égaux entre les deux cordeaux. On a soin que l’épaisseur soit partout la même, et après avoir piétiné et frappé avec le dos de la fourche chaque lit, on arrose le fumier pour activer sa fermentation, dans le cas où il est trop sec. Lorsque le fumier est très long et sec, il faut souvent l’arroser plusieurs fois pendant la confection de la couche. On le couvre immédiatement de terreau ou de terre préparée. On pose les coffres et par-dessus les panneaux vitrés. Les longueurs des couches dépend du nombre de coffres qu’elles doivent recevoir. Elles ont toujours 4, 8, 12, 16, etc. mètres, plus 5 cm par coffre, pour l’épaisseur de leur bois. Les couches sourdes se font dans des tranchées dont la largeur est aussi d’un mètre trente et dont la profondeur varie selon la nature du terrain. Elle est de 40 cm quand il est sec et de 30 seulement s’il est humide. On y range de la même manière le fumier, de façon toutefois à ce qu’il forme le dos d’âne, et on les couvre entièrement de terre, qui est ordinairement celle de la tranchée, quand le sol est de bonne qualité, ou mêlée avec du terreau, en cas de besoin. Ces couches sont ordinairement employées aux cultures sous cloches. Cependant on y pose aussi quelquefois des châssis. On comprend qu’afin que les couches puissent se soutenir convenablement, il faut que le fumier qu’on y emploie soit pailleux, ou si on les construit avec d’autres substances, il est nécessaire d’y mêler de la paille ou des matières fibreuses, qui puissent lier et maintenir les parties désagrégées. Les couches ont d’autant plus de chaleur qu’elles sont plus épaisses. Ainsi celles d’hiver ou chaudes ont 66 cm d’élévation, celles de printemps ou tièdes 50 cm, et celles en tranchées ne dépassent le sol que de 20 à 30 cm. Nous avons dit que toutes les substances fermentescibles étaient susceptibles de développer de la chaleur, mais à un degré variable. Il importe donc, si on veut les faire entrer dans la composition des couches, d’avoir une idée de la température chaude qu’elles peuvent produire et du temps pendant lequel cette température peut être maintenue. Nous empruntons les données suivantes à la Monographie du melon, où l’un de nous les a consignés. « Le fumier de mouton donne 60 à 70 degrés et dure quatre mois. Le fumier d’âne, de cheval, de mulet, 50 à 60 degrés, dure 6 mois. Le fumier des bêtes à cornes, 35 à 45 degrés ; dure 8 mois. Cette chaleur peut être augmentée par le mélange avec de la poudrette, de la colombine et de la fiente de volailles. Le tant, 35 à 45 degrés, dure six mois. Les feuilles sèches, 35 à 40 degrés ; durent un an. Toutes les autres substances végétales seules produisent la même chaleur, lorsqu’elles ont été conservées plus ou moins longtemps en tas. Cette chaleur peut être augmentée en les saupoudrant de chaux vive pulvérisée ; mais alors la durée est moindre. La poudrette, la colombine et les fiente des volailles, mêlées en tiers à ces substances, peuvent en faire monter la chaleur au même taux que celle du fumier de cheval. Les marcs de plantes oléagineuses donnent environ 35 degrés ; les résidus des raisins, des pommes et des poires dont on extrait le jus produisent une chaleur d’environ 50 degrés ; les uns et les autres durent, dit-on, quinze ou dix-huit mois. Quant aux boues des rues et aux balayures des grandes routes, leur énergie dépend des localités où on les a ramassées. Ces données peuvent servir à composer les mélanges pour arriver à un degré de chaleur voulu. On pense bien que celui que nous avons indiqué pour chaque fumier ne se conserverait pas pendant tout le temps que nous avons déterminé, si l’on ne remaniait les couches chaque fois que la chaleur est trop diminuée. » On conçoit que lorsqu’on forme une couche avec des fumiers mêlés, il faut avoir un grand soin de faire le ménage aussi égal et intime que possible, pour qu’il ne se développe pas plus de chaleur sur un point que sur un autre. Les couches d’hiver doivent être faites parallèlement à 50 cm l’une de l’autre, disposition économique pour permettre de les réchauffer, en remplissant du fumier neuf de cheval les sentiers qui les séparent. C’est ce fumier ainsi appliqué qu’on nomme réchaud. Il a besoin d’être remanié tous les quinze jours et quelquefois même renouvelé. Les couches faites après le 15 avril ont rarement besoin d’être réchauffées. Lorsqu’il y a nécessité d’appliquer un réchaud à une couche isolée, il faut qu’il soit large d’au moins 50 cm et vienne jusqu’à la hauteur du coffre. Les couches sur lesquelles on ne pose point de châssis doivent être, aussitôt leur confection, couvertes de terreau ou de la terre nécessaire, mais alors il faut les border. Pour cela, on se sert du bordoir (voyez ce mot), ou l’on fait un bourrelet ou corde de paille ou de litière de 12 à 15 cm de diamètre ; on en entoure toute la couche, sur les bords de laquelle on le fixe avec des piquets en bois. Ensuite, on charge la couche et on presse soigneusement la terre ou le terreau contre ce bourrelet. Les jardiniers qui pratiquent depuis longtemps ont l’habitude de reconnaître à la main la chaleur de leurs couches. Pour cela, ils y plongent un morceau de bois pointu, qu’ils retirent au besoin, pour presser de leur main la partie enterrée : mais il nous paraît plus sûr de se servir d’un thermomètre. C’est, en pareil cas, le thermomètre piquet de Renier dont il convient de faire usage. Il est entouré d’un tuyau de bois de chêne pointu, ce qui protège sa fragilité et le rend commode pour être enfoncé dans les couches. Il arrive que ces couches qui viennent d’être faites développent immédiatement un degré de chaleur assez élevé pour qu’il tue les graines ou les jeunes plants dont on les garnit. Cet inconvénient a surtout lieu pour celles qui sont composées de fumier de cheval pur et, dans ce cas, il faut quelquefois attendre huit jours pour que la chaleur soit abaissée au point convenable. On hâte ce moment en pratiquant des ventouses. On les fait en tirant sur les flancs de la couche quelques poignées de fumier. Les trous qui en résultent permettent à l’air d’y pénétrer et de ralentir la fermentation. Il faut donc, quand on prépare les couches, calculer tous ces retards, à moins qu’on ait le soin de faire, pour les monter, des mélanges de fumier moins actifs. Les feuilles, celles de chêne surtout, peuvent être employées avec succès dans les couches en les mêlant au fumier. Accès rubriques principales : Généralités sur le jardin |
Jardinage mois par mois |
Jardin potager |
Jardin fruitier |
Jardin d'agrément |
Jardin d'appartement
Serre : les cultures de serres | Maladie, insectes et nuisibles | Vocabulaire botanique | Composition des jardins |