Dahlia

dahlia
dahlia, dahlias en photo


Vivace tuberculeuse. Mexique. Introduite vers 1802 en trois variétés que la botanique a érigées en espèces, cette plante, d'une fécondité extraordinaire, a, depuis 25 ans, tellement multiplié ses variétés, que leur nombre est infini. Les fleurs qui apparaissent depuis juin jusqu'aux gelées, fournissent toutes les nuances du blanc, du rose, du rouge cocciné, pourpre, cramoisi, du marron, du jaune et généralement de toutes les couleurs, excepté le bleu, qu'on recherche vainement et que des semis qui ont couvert 40 lieues de terre, comme le dit Alphonse Karr, n'ont pu encore procurer. Les formes de la fleur n'ont pas moins varié que le coloris, et la mode a singulièrement voltigé de l'un à l'autre sans jamais se fixer. Les semi-doubles ont eu d'abord la palme que les doubles leur ont bientôt enlevée, pour obtenir seuls les honneurs de la culture. Les demi-fleurons, d'abord mal rangés, allongés, constituaient les premières fleurs doubles auxquelles les amateurs accordaient leurs hommages ; on croyait être arrivé à l'apogée du beau dan le dahlia, mais on continuait de semer pour varier les couleurs. Dans ce semis, les demi-fleurons se raccourcirent, s'imbriquèrent bientôt plus régulièrement et donnèrent aux fleurs des formes bombées de plates qu'elles étaient auparavant ; puis se repliant sur eux-mêmes, ils formèrent des tuyaux plus ou moins plats, plus ou moins arrondis et méritèrent aux dahlias, ainsi composés, le nom de perfection ; celui de globe fut donné aux fleurs que la convexité de leur calice rendit tout à fait sphériques, et celui de pointés à ceux dont le sommet des demi-fleurons reste blanc, qu'elle que soit la couleur principale. On voit que peu de plantes sont mieux disposées que le dahlia à satisfaire les divers goûts des amateurs ; il vient encore de donner naissance à des fleurs panachées et tracées dans le genre des œillets, et cette dénomination leur a été appliquée. L'espace ne nous permet pas de donner ici un choix des plus belles variétés qui semblent d'ailleurs, comme leurs devancières, devoir garder peu de temps la prééminence. Il faut recourir aux catalogues des marchants. Les dahlias livrés à la pleine terre dans les premiers jours de mai, sont dans toute leur beauté en octobre, où la moindre gelée vient mettre un terme à leur floraison. Quand ils sont gelés, on relève les touffes de tubercules qu'on fait ressuyer et que l'on conserve parfaitement jusqu'au printemps suivant dans une cave sèche après les avoir étiquetés avec soin, à l'aide de numéros en plomb. On les en tire en mars et on les dépose sous châssis sur une couche tiède qui fait développer les yeux. C'est alors qu'on sépare les tubercules avec la certitude de conserver à chacun des yeux ou de jeunes bourgeons. Si le temps n'est pas arrivé de les planter en place, ce qui n'est prudent qu'après le 1er mai, on peut les empoter et les tenir sous châssis froid, qu'il faut aérer fréquemment jusqu'à cette époque. Alors on les plante perpendiculairement en terre franche légère, mais substantielle. Quand ils ont de 20 à 25 cm, on forme un auget autour de chaque pied ; on le tapisse de fumier court et on arrose fréquemment pendant l'été. Les dahlias varient en hauteur de 70 cm à 2 m. On les plantes en massifs, en les espaçant convenablement, en plate-bande en les étageant selon leur taille, ou en bordures. On a soin de leur donner des tuteurs de force suffisante à soutenir leurs tiges herbacées et cassantes. On les multiplie encore par 37 sur tubercules, par 59 en mai et juin, et par 7 si l'on veut obtenir de nouvelles variétés.