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Jardin : le jardinier pratique > Généralités sur le jardin et le jardinage > Les amendements et engrais
Les amendements et engraisAmender un sol, c’est en modifier la composition actuelle de manière à la rendre propre à abriter, à soutenir les racines des végétaux, et à leur fournir l’humidité convenable.
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Sous ce rapport, le terre composée ou compost sont de véritables amendements, en tant que le mélange n’admet point d’engrais. Ceux-ci diffèrent donc des premiers, parce qu’ils introduisent, dans la terre, des matériaux dont les plantes peuvent s’assimiler les éléments qui y portent l’excitation et la vie. Les amendements sont infiniment plus importants dans la grande culture que dans le jardinage, où ils consistent presque uniquement dans les quelques mélanges que nous avons indiqués. Le principe général qui domine dans cette pratique est d’ajouter à la terre les matériaux qui lui manquent pour la rendre parfaitement meuble. Est-elle forte, compacte, humide, ce qu’elle doit à la surabondance de l’argile, l’addition d’un sable grossier, siliceux, y portera une division favorable qui la rendra perméable à l’humidité et à l’influence de la température. Est-elle sableuse à l’excès et par conséquent sèche et brûlante, l’argile viendra lui donner la cohésion qui lui manque. Enfin, si l’élément crayeux y est prédominant au point de la rendre peu fertile, on atténuera cet inconvénient en y mêlant de l’argile et du sable. C’est à l’intelligence du cultivateur à le guider dans les proportions à employer, et qui sont subordonnées aux éléments composant le sol sur lequel il agit. Les engrais sont la chose la plus importante dans la culture horticole ; on peut même dire qu’il n’y en a jamais assez dans le jardin potager. C’est à eux et à l’eau que les maraîchers de la capitale doivent l’étonnante fécondité du sol qu’ils exploitent. On préfère pour engrais les fumiers d’âne, de cheval et de vache, effectivement indispensables dans certaines pratiques ; mais il y a une foule d’autres substances qui fournissent d’excellents éléments à la fumure des terres. Ainsi, outre les fumiers désignés plus haut, la fiente des pigeons, des volailles, des lapins, des moutons, des porcs, toutes les substances animales, comme chair, sang, entrailles, poissons, cornes, poils, plumes, rognures de cuir, chiffons de laine, etc., les matières stercoracées humaines ; tous les détritus végétaux, comme tourteaux de graines oléagineuses, de betterave, marcs de raisins, de pommes, de poires, la paille, les chaumes des céréales, les bruyères, les genêts, les fougères, les joncs, les plantes aquatiques des rivages de la mer, des fleuves et marais, la tourbe, les mousses, les tontures de jardin, les mauvaises herbes sarclées, les feuilles tombées des arbres, les écorces, le tan, la sciure de bois, les foins et les gazons pourris forment la base de très bon engrais. Les balayures des rues et des routes, qui sont connues à Paris sous le nom de gadoue, et tiennent en mélange des matières animales et végétales, fournissent encore une fumure très utile. Les substances que nous venons d’énumérer ont une action différente en énergie. C’est pourquoi il est généralement préférable d’employer en mélange celles dont on dispose, à l’exception des fumiers proprement dits et des feuilles qui reçoivent ordinairement une destination particulière. Ceux-ci sont conservés en tas que leur enveloppe pailleuse garantit à peu près de l’action dissolvante de l’air, mais pas assez de celle de la pluie, qui en dissout les principes les plus solubles et par conséquent les plus appropriés à la nutrition des plantes. Quant aux autres, on les dispose aussi en tas, pour qu’une fermentation en facilité la décomposition, et on rend le mélange plus intime en les remaniant de temps en temps. Ces tas sont conservés plus ou moins, selon la nature du terrain auquel ils sont destinés. Il est effet bon de remarquer qu’en outre de la propriété qu’on les engrais de fournir aux terres des éléments nutritifs, ils agissent encore d’une manière mécanique qui n’est pas à dédaigner. Ainsi on aurait tort d’appliquer sur un terrain froid et compact un engrais trop consommé et à molécules trop ténues, tandis qu’il est très convenable sur un sol léger et sableux donc il augmente la cohésion. Il faut donc, sur des terres argileuses, un fumier pailleux ou un engrais contenant beaucoup de détritus végétaux non décomposés et qui en diminuent la compacité ; et sur une terre légère, sableuse, un terreau très consommé ou un engrais dont la décomposition déjà complète n’ajoute pas à la perméabilité du sol. Toutes les substances mises en tas, pour en provoquer la fermentation, ont besoin d’être arrosées si elles sont trop sèches, parce que l’humidité est un agent de décomposition, et on active encore celle-ci par l’addition d’une petite quantité de chaux vive. Accès rubriques principales : Généralités sur le jardin |
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