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Le jardin d'agrément

Comment réussir son jardin fruitier en connaissant les arbres et leurs particularités.


La culture des plantes

Abronie à fleurs en ombelle
Acacie de Constantinople
Acanthe branc-ursine
Achillée
Aconit
Acore
Actée des Alpes
Adiante
Adonide d'été
Aethionème du mont Liban
Agérate
Ail
Airelle
Ajonc à fleurs doubles
Alaterne à larges feuilles
Alcée rose trémière
Aliboufier officinal
Alisier
Alstroemère
Alysse
Amandier
Amaranthe
Amaranthoide globuleuse
Amaryllis
Amélanchier
Améthyste bleue
Ammobe ailé
Amorphe frutescente
Amsonie à larges feuilles
Ancolie
Andromède
Androsème officinal
Anémiopside de la Californie
Anémone
Apocyn
Arabette
Aralie
Arbousier
Arénaire
Argalou
Argemone à grandes fleurs
Argousier
Aristoloche siphon
Armoise citronnelle
Asclépiade
Aspérule odorante
Asphodèle
Assiminier de Virginie
Aster
Astragale
Astrance
Athanasie annuelle
Atragène
Atraphage épineux
Aune
Azalée
Azédarach bipenné
Baccharide
Baguenaudier
Balisier
Balsamine des jardins
Baptisie de la Caroline
Barbarée vulgaire
Bartonie dorée
Basilic commun
Belle-de-nuit
Benoite
Bermudienne à petites fleurs
Bétoine
Bignone
Bocconier à fleurs en cœur
Boltone à feuilles d'aster
Bonduc
Bouleau
Brachycome a feuilles de thlapsi
Brachysème à larges feuilles
Bragalou de Montpellier
Broualle élevée
Brunelle à grandes fleurs
Brunnichie à vrilles
Bruyère
Buddléie
Buglosse
Bugrane
Buis
Buphtalme
Buplèvre oreille de lièvre
Butome en ombelle
Cacalie à feuilles hastées
Calandrine en ombelle
Calycanthe
Camelées à trois coques
Campanule
Cantua piqueté
Caprier commun
Capucine
Caragan
Cardamine des prés
Carthame des teinturiers
Caryoptère du Mongol
Casse du Maryland
Catalpa
Céanothe d'Amérique
Cèdre du Liban
Centaurée
Céphalante bois bouton
Céraiste cotonneux
Cerisier
Chalef
Chardon-Marie
Chariéide hétérophylle
Charme commun
Chêne
Chèvrefeuille
Chionanthe de Virginie
Chrysanthème des jardins
Chrysocome à feuilles de lin
Clarkie
Clavalier à feuilles de frène
Clématite
Cléome piquant
Cléthra
Clintonie élégante
Cobée grimpante
Coignassier
Colchique
Collinsie bicolore
Collomie à grandes fleurs
Coccinée
Comméline tubéreuse
Comtonie à feuilles de cétérac
Consoude à feuilles rudes
Coréope
Cornaret
Coronille des jardins
Cortuse de matthiole
Corydale charmante
Cosmose bipinné
Crépide
Croisette à long style
Cupidone bleue
Cyclamen
Cynoglosse
Cyprès
Cytise
Dahlia
Dalée à fleurs pourpres
Daphné
Décumaire sarmenteux
Deutzie
Didisque bleu
Dierville jaune
Digitale pourprée
Dioclée à feuilles de glycine
Dirca des marais
Dodécathéon de Virginie
Doronic
Dracocéphale
Drave des Pyrénées
Dryade à huit pétales
Eccrémocarpe rude
Echinope
Empetrum noir
Epervière orangée
Ephémère
Epilobe
Epimède
Erable
Erigéron
Erine des Alpes
Erodier des Alpes
Erythrine
Erythrone dent de chien
Escholtzie de la Californie
Eucome
Eupatoire
Eutoga
Fabagelle commune
Félicie grêle
Fève à fleurs pourpres
Février
Ficaire renoncule
Ficoïde
Filaria à larges feuilles
Fléchière aquatique
Fontanésie à feuilles de filaria
Fothergille à feuilles d'aune
Fraxinelle indigène
Frêne
Fritillaire
Fumeterre
Fusain
Gaillarde
Gainier commun
Galane
Galantine
Galé
Galéga
Gattillier
Gaultérie
Genêt à balais
Genévrier
Gentiane
Géranium
Germandrée d'hircanie
Gesse
Gilie
Ginkgo à deux lobes
Giroflée
Glaïeul
Glaucie de Perse
Gordonie à feuilles glabres
Gouet
Grenadille
Groseillier
Gypsophile
Halésie
Hamamélide de Virginie
Haricot d'Espagne
Hébenstreitie à feuilles menues
Hélénie
Hélianthème taché
Héliotrope
Hellébore
Hémérocalle
Hépatique printanière
Héraclées à larges feuilles
Hêtre
Hoteia du Japon
Houx
Hydrangée
Hysope officinale
Ibéris
If commun
Immortelle annuelle
Immortelle à bractées
Inule à feuilles gladiées
Ipomée
Iris
Isotome axillaire
Itée
Jacinthe d'Orient
Jasione vivace
Jasmin
Joubarbe
Julienne des jardins
Kalmie
Kerrie du Japon
Ketmie
Kitaibèle à feuilles de vigne
Koelreuterie de la Chine
Lamier orvale
Laurier franc
Lavande à épis
Lavatère
Leptosiphon
Lessertie annuelle
Leycestérie charmante
Liatris
Lierre grimpant
Ligulaire à grandes feuilles
Lilas
Lin vivace
Linaigrette engainée
Linaire
Linnée boréale
Liquidambar copal
Lis
Liseron tricolore
Lobélie
Lopézie à grappes
Lotier corniculé à fleurs doubles
Lunaire annuelle
Lupin
Lychnide
Lyciet
Lysimaque
Maclure épineux
Madi élégant
Magnolier
Mahonie
Marronnier
Malope
Marguerite vivace
Massette à larges feuilles
Matricaire
Mauve
Mélèze
Mélilot bleu
Mélisse à grandes fleurs
Mellite des bois
Ménisperme
Menthe poivrée
Menyanthe trèfle d'eau
Menziezie à feuilles de polium
Mérendrée bulbocode
Micocoulier
Millepertuis
Mimule
Molène purpurine
Monardes à fleurs rouges
Morée
Morelle douce amère
Morine à longues feuilles
Muflier des jardins
Muguet
Muscari
Narcisse
Némophile
Nigelle
Nivéole
Nolane à feuilles d'arroche
Noyer
Nymphée blanche
Œillets des fleuristes
Onagre
Onoporde à feuilles d'acanthe
Orme
Ornithogale
Orobe
Oxalide
Oxiure à feuilles de chrysanthème
Pachysandre couché
Panicaut
Parnassie des marais
Paulownie impériale
Pavier
Pavot
Pêcher à fleurs doubles
Pentapète pourpre
Pentstémon
Périploque de la Grèce
Pernettie mucronée
Persicaire
Pervenche
Pétunie
Peuplier
Phacélie
Phalangère
Phalaride roseau
Phlomide
Phlox
Photinie luisante
Picridie d'Alger
Pied d'alouette
Pigamon à feuilles d'ancolie
Pin
Pivoine
Planère crénelé
Plaqueminier
Platane
Podolèpe
Podophylle en bouclier
Polémoine bleu
Polygala à feuilles de buis
Pommier
Populage des marais
Potentille
Prenanthe blanc
Primevère
Prinos verticillé
Prunier
Ptélée à trois feuilles
Pulmonaire
Renoncule
Réséda odorant
Rhodanthe de mangles
Rhododendron
Rhodora du Canada
Ricin commun
Rindère ailé
Robinier
Romarin officinal
Ronce commune
Roseau à quenouille
Rosier
Rudbecque
Safran
Sainfoin
Salicaire
Salpiglosse pourpre
Santoline commune
Sapin
Saponaire officinale
Sariette de montagne
Sarette pinnatifide
Sauge
Saule
Saurure penché
Saxifrage
Scabieuse
Schizanthe
Schortie de Californie
Scille
Scutellaire à grande fleur
Sédum-orpin
Séneçon
Siléné
Silphie
Soldanelle des Alpes
Soleil
Sophore du Japon
Sorbier
Souci
Spartier d'Espagne
Sphénogyne éclatante
Spigélie du Maryland
Spirée
Staphilier
Statice
Sténacte à grandes fleurs
Stévie
Stipe plumeuse
Stramoine
Sumac
Sureau
Swertie vivace
Symphorine
Syringa
Tagète
Tamarisc
Tanaisie
Thunbergie ailée
Thuya
Thym commun
Tigridie à grandes fleurs
Tilleul
Tournefortie faux-héliotrope
Trachèle bleue
Trèfle incarnat
Trillion sessile
Troène
Trolle
Tubéreuse des jardins
Tulipe
Tulipier de Virginie
Tupelo-velu
Valériane
Vératre
Verge d'or
Vernis du Japon
Vernonie
Véronique
Verveine
Vigne vierge
Violette
Viorne
Virgilier à bois jaune
Viscarie rose du ciel
Ximénésie à feuilles d'encélie
Yucca
Zanthorrize à feuilles de persil
Zinnie
Zoegée d'Orient

Nous n'avons pas la prétention de nous étendre longuement sur les dispositions d'un jardin d'agrément. Le goût de chacun, la nature du site, son étendue et sa configuration plus au moins accidentée, les localités environnantes, et mille autres causes, donnent lieu à des combinaisons sans nombre qui toutes ont leur mérite, du moment qu'elles sont agréables, et satisfont celui qui en jouit. Nous nous bornerons donc à quelques indications touchant l'emploi qu'on peut faire des végétaux.

Un arbre planté solitairement a besoin de l'être avec beaucoup plus de raisons qu'on ne le supposerait d'abord. Il doit être approprié à la scène dont on le fait acteur. Plus sont port est singulier et pittoresque, plus son feuillage ou ses fleurs sont remarquables, plus son isolement est motivé. On l'emploie pour interrompre une ligne droite, pour appeler la vue sur une fabrique, sur un point de perspective agréable, pour embellir une pelouse, et dans toutes les circonstances où le goût en pressent le besoin. C'est ainsi qu'il peut servir à masquer l'aspect désagréable d'objets extérieurs. Il y a mille circonstances où un arbre isolé forme le plus charmant effet. Le cèdre du Liban, le cedrus deodora, l'araucaria imbricata, le juglans oliveformis, le laurus sassafras, le cupressus disticha, le tilia argentea, le hêtre pourpre, le frêne parasol, le saule pleureur, le sophora à rameaux pendants, le paulownia imperialis, le vernis du Japon, et tant d'autres, sont dans ce cas, lorsqu'ils s'harmonisent parfaitement avec la scène à laquelle on les associe. Les arbrisseaux, et même les arbustes, peuvent recevoir une pareille destination. Mais on voudra bien remarquer que ce n'est point aux fleurs qu'il faut demander la décoration qu'on veut produire ; c'est, nous le répétons, dans le feuillage et le port des sujets qu'il faut rechercher le caractère qui doit éveiller l'attention.

Il en est de même pour les arbres groupés : c'est la différence et l'opposition dans la couleur des feuilles qui donnent à la scène l'originalité qu'on désire et qui forment des contrastes ravissants. Dans les arbres groupés, il ne faut employer que ceux à la tête, et dont les troncs nus et élevés laissent apercevoir l'horizon entre eux. Il serait à désirer que l'on employât davantage, en pareil cas, les arbres fruitiers, qui orneraient très bien aussi et ajouteraient à ce mérite celui de leurs fruits.

Les massifs différents des groupes en ce qu'ils sont composés d'arbres, d'arbrisseaux et d'arbustes irrégulièrement rangés, de façon cependant que les plus grands occupent le centre et les plus petits la bordure. Leur irrégularité de contours et de hauteur permet de ménager des poins de vues au travers, mais la base en est très touffue.

Le bois est une plantation d'arbres plus ou mois étendue et assez épaisse pour ne laisser passer entre leur feuillage qu'une lumière incertaine. Il peut être mêlé de taillis ou arbres sans têtes élevées, d'arbrisseaux et d'arbustes. Il sert à dissimuler l'étendue d'un jardin, à masquer des points désagréables qui se montreraient à l'horizon, et souvent à abriter des mauvais vents, les autres plantations. Les contours d'un bois doivent être gracieusement dessinés, l'intérieur coupé d'allées droites et onduleuses et admettre des clairières plus ou moins orées, des pelouses, des quinconces, des fabriques pittoresques, etc.

Le bocage ne diffère du bois que parce qu'il est formé de groupes plus ou moins espacés et touffus, et jetés ça et là comme par le hasard.

Le bosquet est un assemblage d'arbre, arbrisseaux et arbustes à fleurs et à feuillage remarquable ; c'est un mélange de massifs et de buissons et d'arbres isolés. Il doit être dessiné d'une manière gracieuse et s'harmonisant avec l'ensemble du jardin. Les sentiers, les petites clairières seront ornés d'arbustes à fleurs et de plantes herbacées, de façon à joindre une certaine coquetterie à une grande variété de formes, de feuillage et de fleurs. Il peut servir à masquer les murs de clôture, sinon il doit être rapproché de l'habitation pour offrir, aussi près que possible, un lieu de promenade agréable, ouvant, dans ses sinuosités, conduire à des plantations d'un autre ordre. Rien de plus gracieux dans ces bosquets que des arbres isolés autour desquels on fait grimper des plantes sarmenteuses à fleurs agréables, comme rosiers sempervirens, noisette et autres, glycine de la Chine, etc.

Les palissades et les haies, qu'on emploie assez communément pour clôture, de préférence aux murs d'un aspect plus triste, sont très favorables à dissimuler l‘étendue de l'horizon par la variété de formes qu'on leur donne au moyen de la tonte. Les palissades sont plus spécialement employées, soit pour rompre les mauvais vents qui règnent dans la localité, soit pour dissimuler quelque partie qu'on veut soustraire aux regards. Le charmille, les ifs, les thuyas, forment de for belles palissades ; l'alisier-aubépine, le prunellier, le genêt épineux, d'excellentes haies défensives. Nous conseillons d'employer, pour garnir celles-ci, le vernis du Japon, qui coupé tous les ans, ne se dégarnit pas du bas, parce qu'il trace beaucoup, et dont on peut laisser quelques sujets monter à tige ; ce que l'on obtient en ébranchant et supprimant les rejetons qui s'élèvent de son pied. On rend le bas des haies impénétrable en croisant les branches vivantes et les soudant par la greffe en approche. On varie la tonte des palissades et les haies de manière à les rendre ornementales ; on y pratique des arcades, des créneaux, ainsi que des ah ! ah ! ou des jours pour ménager des points de vue.

L'allée couverte est plus fréquemment employée dans les jardins réguliers, dits français ; elle se compose de grands arbres, également espacés, qui forment au-dessus de la promenade un dôme de verdure, et dont les côtés sont soumis à la tonte ; elle diffère de l'avenue par son développement plus restreint, parce que celle-ci, se composant d'arbres susceptibles de prendre les plus grandes dimensions, a quelque chose de plus majestueux. Le berceau est, au contraire, une allée couverte, mais en miniature. C'est ordinairement un léger treillage, supportant les branches sarmenteuses d'arbrisseaux et arbustes grimpants et à fleurs, et dont le feuillage doit être aussi épais près du sol que sous la voûte.

Le gazon que l'on emploie pour garnir les clairières, où il figure une petite prairie, et le devant de l'habitation, pour que la vue ne soit pas obstruée, doit être entretenu avec le plus grand soin pour présenter une verdure aussi constante qu'uniforme. Sur un terrain préparé par des labours et une fumure, et convenablement nivelé, on sème, à raison d'1,5 kg par are, le ray-grass fin ou gazon anglais. Il convient parfaitement aux sols frais et profonds, et se conserve d'autant mieux qu'on peut l'arroser et le faucher souvent. Dans les terres sèches, sablonneuses et peu profondes, on remplacera avantageusement le ray-grass par un mélange de quelques plantes résistant mieux à la sécheresse, telles que le brôme, le paturin des près, les fétuques traçante et ovine, la crételle, la flouve et le trèfle nain blanc. Ce sont de semblables composés qu'il a fallu employer dans les vastes pelouses du bois de Boulogne, ensemencées par MM. Jacquin. Toutefois, M. Souchet, jardinier du château de Fontainebleau, forme ses gazons sur un terrain éminemment sablonneux avec le ray-grass et la fétuque ovine qui reste seule dès la seconde année. Quant aux gazons sous-bois, il faut semer de préférence les fétuques hétérophile et traçante, la flouve et le paturin des bois, avec un peu de ray-grass qui garnit le terrain d'abord et cède ensuite la place aux autres plantes. Enfin, le brôme des près forme d'assez beaux gazons sur un sol calcaire et sec où la végétation est à peu près nulle. On sème par un jour pluvieux, on herse et on passe le rouleau, ce qu'il peut être utile de faire plusieurs fois, afin que les plantes tallent davantage. Pour être beau, un gazon doit être arrosé dans les sécheresses et fauché au moins quatre fois par an, toujours avant qu'il monte à graines. Il faut, après le fauchage, y passer le râteau de bois pour élever tout ce qui pourrait y pourrir et le gâter, et arroser copieusement. Après la dernière coupe, on passe le rouleau et on étend partout une légère couche de terreau. Toutes les fois qu'il s'agit de garnir de verdure un talus ou un plan incliné quelconque, on gazonne en placage, c'est-à-dire qu'on ajuste sur la surface préalablement arrosée, des plaques de gazon levées dans les prairies ou le long des chemins, et on les consolide à l'aide d'une batte à main.

Les plantes annuelles et vivaces, qui offrent de l'intérêt dans les fleurs et le feuillage, viennent prêter leur décoration dans toutes les copositions pittoresques, régulières ou non. On les dispose en massifs, jetés ça et là. Les plantes vivaces les plus élevées occupent le centre, les plus basses les bords, ce qui est d'ailleurs un principe général. On fait entrer dans les massifs les plantes semées en pépinières et repiquées, et celles de pots exotiques ou non que l'on enterre ; on forme à l'entour des arbres isolés, des groupes, de grands massifs d'arbres dont ils complètent d'ornement, et enfin, selon le goût, à différentes place sur les gazons.

Le parterre était autrefois la partie la plus ornée des jardins français ; il se composait de compartiments de plates-bandes et de corbeilles régulièrement dessinées et encadrées de bordures de buis, soigneusement taillées. Aujourd'hui, dans les jardins particuliers, il n'y a, pour ainsi dire, plus de parterre. Les fleurs sont répandues partout dans les plates-bandes sinueuses, serpentant le long des allées, et de tous les dessins du jardin. Leur longueur est indéterminée mais leur largeur est calculée sur les besoins de la culture et excède rarement 1,50 m. Le centre est en dos d'âne, et les plantes y sont plantées dans un ordre plus ou moins régulier. Les arbustes à fleur comme les rosiers, le genêt à fleurs blanches greffé sur ébénier, les cytisus sessilifolius, nigricans, le corgnilla, emerus, quelques ribes, plusieurs arbustes à fruits, comme malus baccata et spectabilis, pêcher à fleurs doubles, et les plantes vivaces les plus élevées en occupent le milieu. Elles sont bordées.

La corbeille est une sorte de massif très orné, d'une forme arbitraire, quoique le plus souvent, elle soit circulaire. Le centre est plus élevé encore que celui de la plante bande, et un arbuste distingué, ou une plante vivace remarquable par sa beauté, en marque le milieu ; le reste est occupé par plusieurs rangs de plantes de toutes espèces, mais choisies. Elle est bordée par une ceinture de buis assez forte pour soutenir les terres et dont le beau vert est un ornement de plus. Les fleurs en vase ou en pots concourent parfaitement à l'ornement des jardins ; celles qu'on y cultive ainsi et qui forment collection, servent à composer de massifs élégants rapprochés de l'habitation. D'autres sont destinés à regarnir à volonté les plates-bandes lorsque les fleurs ont besoin d'être renouvelées.

Les planches, formant un carré long et régulier, doivent être établies dans diverses parties du jardin pour recevoir séparément les plantes de collection comme tulipes, jacinthes, renoncules, anémones, glaïeul, etc. Ces plantes bulbeuses, qu'il faut arracher après floraison, pourraient se perdre si on les disséminait ça et là dans les plates-bandes. On peut toutefois former des massifs que l'on remplace par d'autres plantes lorsqu'elles sont défleuries. Il faut avoir, dans les parties retirées du jardin, quelques planches pour élever en pépinière les plantes destinées à regarnir les plates-bandes lorsque le besoin s'en fait sentir.

Les bordures sont une chose importante. On en fait avec des plantes annuelles, vivaces et ligneuses. Les premières s'emploient très rarement pour former la ligne extérieure. On en fait une contre bordure intérieure à quelques centimètre de la première, le pied d'alouette, la giroflée de Mahon, la reine-marguerite, la crépide rose, la collinsie bicolore, la linaire à feuilles d'orchis, les némophiles, etc., etc., forment de jolies bordures intérieurs, qu'on sème, ou mieux qu'on repique, Dans les grandes compositions, on choisit les variétés plus élevées.

Les bordures extérieures sont faites avec le buis, le thym, la lavande, la citronnelle, le romarin, etc., qu'on multiplie d'éclats des pieds au printemps et à l'automne. L'alysse corbeille d'or, l'anémone hépatique, la gentiane sans feuilles, la pâquerette, la primevère, auricule, le saxifrage, la statice gazon d'Olympe, le thlaspi, la violette, etc., peuvent aussi former des bordures et des contres bordures. Parmi les plantes bulbeuses qu'on peut employer, nous citerons le crocus printanier, le narcisse des poètes et celui des prés, qu'il faut planter en octobre, mais toujours en contre bordures. Le lierre, hedera, est très bon pour bordure sous bois, où il conserve sa belle couleur verts foncé. Il supporte bien la tonte. La germandrée, teucrium chamoedrys, est également très convenable en pareil cas. Il en est de même de la statice.

Après les végétaux, l'eau est la chose la plus importante sous le rapport de l'utilité comme sous celui de l'agrément et de la décoration. Si l'on a l'avantage d'avoir de l'eau naturelle, on peut, par diverses combinaisons calculées d'après la quantité dont on dispose, former un lac, un étang, une rivière, ou simplement un ruisseau. Un rocher, proportionné à la prise d'eau, peut en marquer l'entrée dans la propriété, et des roches, jetées ça et là dans son cours, peuvent figurer des cataractes en miniature ; mais il faut bien prendre garde de tomber dans le ridicule par des exagérations disproportionnées avec les alentours. Les eaux artificielles que l'on obtient par des pompes, des machines hydrauliques, doivent être d'autant plus ménagées qu'elles occasionnent, plus de dépenses. On peut par leur secours entretenir des bassins et une rivière anglaise, c'est-à-dire à eau dormante, et établir dans le premier un jet d'eau, si cela peut s'obtenir sans trop de frais. Les bords des eaux, quels qu'ils soient, prêtent à une ornementation spéciale. Partout où on peut forme un rocher, ou jeter quelques pierres meulières, on plante dans les interstices, des végétaux appropriés, comme pulmonaria, virginica, cynoglossum, umphalodes, phalaris rubanné, populage des marais, ; trollius, alyssum saxatile et deltoides, alchemilla alpina, crucianella odorata, et stylosa, doronicum caucasicum, onomix natrix, primula veris, rubus speciosus, hépatiques, gysophylla striata, dianthus, deltoides, sedum sempervivum, saxifraga geranoides, lotus corniculatus fl. pleno, thymus serpillum, et sa variété tomentosum, veronica prostata, narcissus pseudonarcissus, narcissus poeticus, etc.

Dans les parties du jardin où l'eau arrive facilement, on peut par des dispositions fort simples, cultiver quelques plates aquatiques en baissant une portion de terrain où l'on fait venir l'eau à laquelle on donne un écoulement à peine sensible. La place submergée et les bords peuvent recevoir l'arundo donax, le typha, butomus umbellatus, lythrum, les spirea ulmaria et venusia, l'iris pseudo-ocarus, le caltha palutris, le caltha palutris fl. pleno, le cardamine pratensis fl. pleno, les salix, schubertia, l'alisma flottant, la flèchière aquatique, la macre flottante, le ményanthe, le trèfle d'eau, le nénuphar blanc, le sparganium etc., qu'on peut encore cultiver dans des bassins, et même dans des baquets pleins d'eau.

Les végétaux que l'on emploie à la décoration des jardins on une existence dont la durée est différente. On appelle annuel ceux qui n'ont besoin que d'un an pour accomplir leur période végétative, depuis la germination des graines jusqu'à la fructification : bisannuels, ceux auxquels il faut deux ans pour parcourir la même carrière ; trisannuels, quand cette période doit être de trois ans ; vivaces, tous ceux dont l'existence plus ou moins prolongée excède ce dernier terme ; et, enfin ligneux, ceux dont l'organisation solide atteint la densité et la ténacité du bois.

Ces différences dans la longévité des plantes et dans leur constitution amènent naturellement des différences entre les moyens de multiplication et dans la culture. Il est donc nécessaire que nous fassions connaître tout ce qui est convenable à chacune de ces catégories, afin, de ne plus avoir qu'à y renvoyer par un signe convenu lorsque nous signalerons les plantes dont nous conseillons l'emploi de préférence. Il en résultera une grande économie de répétitions qui nous permettra d'indiquer un choix beaucoup plus nombreux dans l'espace restreint où nous sommes obligés de nous renfermer.