Jardin : le jardinier pratique > Travaux mensuels de jardinage > Les travaux de jardinage en octobre

Les travaux de jardinage en octobre

jardinage octobre jardin octobre en photo


Travaux généraux

On commence les labours d'hiver et principalement dans les terres fortes. C'est le moment d'effectuer les changements projetés pour les jardins. On fait les trous pour recevoir les arbres qui doivent être plantés, ce qui peut avoir lieu à la fin de ce mois. On sépare les touffes de plantes vivaces ; on replante les bordures et on tond les haies.

Achever la récolte des fruits que l'on dispose dans le fruitier. On rentre en serre les légumes et les graines qui doivent être conservées pendant l'hiver. On émonde et on élague les arbres rustiques. Il faut couvrir les plantes qui craignent les premiers froids.

Les soirées devenant longues, on les occupe à réparer les paillassons et à en faire de nouveaux pour ne pas en manquer lorsque les froids en exigeront l'emploi.

Culture maraîchère

C'est en octobre qu'il est le plus opportun de semer, en vue du printemps, les plants de salades, soit pour couches, soit pour plein air. On peut s'y prendre depuis le commencement de ce mois jusqu'au 20. Les romaines et laitues devront être semées à cinq jours d'intervalle, afin de laisser au jardinier le temps nécessaire pour le repiquage, qui doit avoir lieu quinze jours environ après que la semence a été mise en terre. On commence à semer, vers le 4, des laitues-crêpes et de la romaine verte hâtive pour les premières couches, sur un terrain bien préparé en ados, terreauté avec du terreau provenant du fumier de cheval et l'on met des cloches par-dessus. Vers le 9 ou le 10, on recommence l'opération pour la seconde saison de couches et les abris de pleine terre avec des graines de même sorte ; pour l'air libre, d'ailleurs, les romaines seules conviennent. Du 12 au 20, on sème à côté : romaine verte, laitue gotte, rousse et grise, pour mettre en pleine terre au printemps.

Quinze jours après chaque opération, on prépare des ados pour recevoir trois rangs de cloches placées en quinconces.

Les cloches sont préférables aux châssis dans cette circonstance, parce qu'il est essentiel que le plant ne reçoive aucun air jusqu'à ce qu'il y ait acquis un certain développement ; autrement, il serait exposé aux atteintes du meunier ou blanc, de la rouille et des pucerons.

Lorsque les plants ont leurs cotylédons bien développés, on arrache les plantes avec précaution, et l'on repique en se servant de l'index en guise de plantoir. On enfonce le petit plant jusqu'au collet, sans trop presser la terre. Pour ce qui est du nombre de plants à mettre sous chaque cloche, les jardiniers de Paris ont l'habitude de ne pas dépasser le chiffre de 14 pour le premier repiquage. Mais lorsqu'on veut avoir de forts plants, on peut repiquer à 10, et même à 7. Le deuxième repiquage se fait généralement à 24, et le troisième à 30. En suivant ces nombre, on arrive toujours à former un échiquier très égal.

On sème, dans ce mois, les dernières mâches, ainsi que le cerfeuil, les poireaux de pleine terre, les carottes, les derniers radis, mais jusqu'au 15 seulement. On repique les choux d'York en pépinière, à 15 cm de distance. On repique aussi les choux-fleurs, à 10 cm, soit sur ados, soit dans des coffres à châssis, si le temps n'était pas favorable. On achève les plantations des salades en motte qui ont été repiquées en pépinière pour garnir les terres vides à cette époque.

Tous les terrains semés doivent être garnis de terreau, car le fumier engendre trop de vers de terre qui sont très nuisibles. Les arrosages doivent être modérés, excepté pour les choux fleurs en pomme les cèleris et les autres gros légumes.

Arboriculture

On doit procéder indistinctement à la récolte des fruits. Ce travail exige beaucoup de soin et une très grande habitude ; car, de la récolte faite à propos dépend la conservation des fruits. Les fruits cueillis trop tard ne se gardent pas longtemps, surtout ceux d'automne ; les fruits cueillis trop tôt se rident et perdent beaucoup de leur qualité. Tous les raisins destinés à prendre place dans le fruitier, chasselas, muscats et autres doivent être cueillis par un beau temps.

Continuer de faire des trous pour planter les arbres.

On termine le travail de ce mois en apportant des terres neuves, des gazons, des boues de rues longtemps exposées à l'air, et autres engrais pour les répandre au pied des arbres. Mettre à stratifier dans du sable les graines qui ne germent qu'au printemps suivant, et quelquefois plus tard.

Les poires à manger qu'on obtient dans ce mois sont les suivantes : Adèle de Saint-Denis, belle de Flandre, beurré Amiral, beurré Capiaumont, baronne de Mello, beurré des Charneuses, beurré Duverny, beurré Hardy, beurré Poiteau nouveau, Colmar d'Aremberg, de Spoelberg, doyenné doré ou blanc Saint-Michel, duchesse d'Angoulême, fondante de Malines, fondante du comice d'Angers, Louise bonne-d'Avranches, Marie-Louise de Delcourt.

Parmi les poires en compote, on peut citer : bellissime d'automne, frangipane, Gille ô Gille, Saint-Légin.

Plante d'ornement de pleine terre.

Octobre est le mois où se font les grands mouvements de terre ; il est avantageux de terminer cette opération avant les gelées ; l'hiver ameublira la terre, et la végétation du printemps en ira bien mieux. On doit commencer en ce mois et continuer en novembre à enfouir les fumiers à profusion ; car, le meilleur jardinier, on le sait, c'est le fumier. Labourer et fumer les plates-bandes et massifs, à l'exception des places destinées à recevoir les oignons et greffes de toutes sortes. Ces places doivent avoir été bien fumées l'année précédente. Une fois tous les semis et plantations d'automne terminés, la terre doit être recouverte de terreau consommé. Les fumiers destinés aux labours doivent être remués une fois ou deux avant d'être enterrés. Dans les terrains secs, le fumier de vache est préférable ; le fumier de cheval convient mieux aux terrains lourds et humides.

On fait, en ce mois, provision de terre lourde ou franche pour la répandre sur les terrains secs et maigres, afin de leur donner du corps. Ajouter du sable ou de la terre maigre aux terrains lourds, qui deviendront ainsi d'une culture plus facile.

Dans les premiers jours de ce mois, on sèmera des plantes annuelles destinées à être repiquées en bâche pour passer l'hiver sous vitraux. Ces plantes seront d'une grande ressource pour les garnitures du printemps, et se développeront beaucoup mieux que si elles n'avaient été semées qu'au printemps.

Voici la liste de celles à choisir de préférence : Nycterinia selaginoïdes ; Gilia tricolor ; tous les Schizanthus ; Centranthus macrosiphon (grand et nain) ;Nemesia elegans ; Nemesia floribunda, Eutoca Menziezii : Leptosiphon androsaceus (les quatre variétés) ; Clarkia pulchella (rose et variété blanche) ; Eucharidium grandiflorum ; Viscaria oculata (bleu et blanc) ; CoreopsiDrummondii ; Nemophila insignis (bleu et blanc) ; Malope Grandiflora (rose et blanc) ; Cantua picta, ou Ipomopsi elegans ; Linum grandiflorum. Ce dernier lève difficilement, si on n'a pas soin de faire tremper la graine 24 heures environ, pour la séparer de la matière glutineuse qui l'enveloppe ; il faut mélanger cette graine avec du sable sec, la frotter jusqu'à ce qu'elle ne soit plus gluante ; sans quoi, il serait presque impossible de la semer.

Il est encore temps, si cela n'a pas été fait en septembre de semer, pour passer l'hiver dehors, des Coreopsis tinctoria, Collinsia bicolor, les Iberis (blanc et violet), Silene pendula (rose et blanc).

Diviser les pivoines herbacées, si les touffes sont trop fortes ; si l'on veut multiplier les pivoines en arbre, retirer du pied les jeunes pousses sortant de terre : elles reprennent très bien à l'air libre.

Diviser et replanter une grande partie des plantes vivaces dont la floraison a lieu au printemps. Quant à celle d'été et d'automne, la plantation du printemps est préférable. Mettre en place les roses trémières, œillet de poète, scabieuse, corbeille d'or, thlaspis vivace, etc.

Diviser et replanter les bordures de sauge, lavande et petit chêne, mignardise, statice, thlaspis vivace, etc. Les feuilles commencent à tomber en assez grande quantité pour en faire provision à l'état sec autant que possible, afin de couvrir différentes plantes qui craignent le froid. Les feuilles sont également d'une grande ressource pour couvrir les bâches et serres ; quand l'hiver n'est plus à craindre, on s'en sert pour faire des couches au printemps, en les mélangeant avec du fumier neuf.

Serres

Dans la première quinzaine d'octobre, on continue les rempotages qui n'auraient pas été faits. On redressera les plantes avec des tuteurs, pour les rentrer dans les serres, sans pourtant les y renfermer de suite sous le vitrage. Les châssis ne seront mis que s'il survient des pluies trop abondantes et froides. Toutes les plantes de serre chaude et tempérée qui sont délicates devront être couvertes immédiatement, afin d'éviter la trop grande humidité qui pourrait subvenir dans les serres ; mais il faut leur réserver grand air et surveiller les arrosements. On pourra commencer à visiter les greffes en fente ou placages qui ont été faites le mois précédent, celles qui sont déjà reprises devront être mises séparément, et il faudra leur donner sensiblement de l'air.

Dans la seconde quinzaine, toutes les plantes indistinctement devront être rentrées et aérées suivant l'état de la température ; les arrosages deviendront moins fréquents et devront se faire dans le milieu du jour. Si les nuits sont froides et humides, il ne faudra plus laisser pénétrer l'air la nuit dans les serres tempérées. Les camélias auront encore besoin de recevoir des arrosages assez copieux, attendu que la formation du bouton à fleur n'est pas encore terminée à cette époque. Visiter de nouveau les multiplications de greffes et en faire le triage comme dans la quinzaine précédente.

Pour les orchidées, on commence à chauffer les serres le matin seulement, de bonne heure ; il n'est plus lors utile de donner d'air direct, et on cessera d'ouvrir les panneaux.

Plusieurs plantes de différents genres ont les feuilles jaunes et fanées : c'est un indice certain qu'elles demandent à être mises dans une situation plus froide (+ 10 à + 12°). Il est bien essentiel, avant de les changer de température, de laisser sécher le compost dans lequel elles sont cultivées ; sans cette précaution, il est certain qu'elles perdraient la majeure partie des racines, que l'humidité froide ferait pourrir ; ce qui serait un retard fâcheux lors de la reprise de leur végétation.

D'autres espèces dans plusieurs genres commencent à pousser ; il faut les rempoter si elles en ont besoin et augmenter les bassinages suivant le progrès de la végétation. Ces plantes doivent être placées dans la partie de la serre où elles pourront recevoir le plus de lumière et de chaleur.




Les travaux chaque mois : Janvier -  Février -  Mars -  Avril -  Mai -  Juin -  Juillet -  Août -  Septembre -  Octobre -  Novembre -  Décembre