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Le melonCucumis melo ; de l'Asie.
Dans sa Monographie du melon M. Jacquin aîné a fait figurer 88 variétés de cet excellent fruit. Il les a classés en trois groupes, et nous allons indiquer dans chacun celles qui nous paraissent préférables. Melons maraîchers ou brodés. Melon des carmes, fruit obrond, à côte, moyen, à chair rouge sucrée, melon de Honfleur plus long, même qualité ; petit sucrin de Tours, rond, chair rouge fine et sucrée ; melon de Chypre, pyriforme ou long seulement, chair rouge sucrée ferme ; melon de Charonne, sous-variété plus grosse de ce dernier, oblong à côtes, même qualité ; melon de Grammont ou sucrin vert, chair verte sucrée, intense ; sucrin à chair verte, muscade de la Caroline : oblong, chair blanc verdâtre, Melons cantaloups. Cantaloup en 28 jours, petit, rond, précoce, chair rouge ; hâtif du Japon, petit, rond, chair rouge ; orange, orangé ou d'orange, petit, rond, chair rouge, excellent, hâtif ; fin hâtif d'Angleterre, petit, rond chair rouge, hâtif petit prescott fond noir, moyen, rond, chair rouge foncé, sucré ; prescotts fond blanc petit et gros qui ne diffèrent que par la grosseur excellents, chair rouge ; cantaloup argenté, fruit rond, chair rouge ; noir de Hollande, gros, chair rouge-jaunâtre ; monstrueux de Portugal, gros, obrond, côte profondes et galeuses, chair jaune-rougeâtre, bonne quoique peu fine ; fin d'Angleterre à chair verte, petit, rond, bon ; melon d'Archangel, chair rouge, rustique. Melons inodores ou d'Orient. Melon de Malte d'été, à chair verte, rond, petit ; melon de Malte d'hiver, à chair verte, plus gros, obrond, tous deux excellents ; melon de muscade, pyriforme, chair verte ; melon de Valence, fruit moyen, chair blanche sucrée ; melon de Malte, très hâtif, petit, rond, chair blanche ; melon de la Kassaba, obrond, moyen, chair rouge ; melon d'Ispahan, fruit rond, chair blanche, fondante et sucrée. La culture de primeur commence pour le melon, de la fin de novembre au 1 er mars, selon qu'on veut avoir des fruits plus tôt. Toutefois, pour les semis de la fin décembre à janvier, le succès n'est bien assuré qu'en se servant de thermosiphon pour produire la chaleur artificielle dont on a besoin. A force de soins et d'attention, on peut cependant réussir sur couche chaude comme on le fait à partir du 1er février, et la conduite du melon étant la même, nous allons indiquer le procédé à suivre. Sur une couche mère garnie de coffre et de panneaux et chargée de 20 cm de terreau on sème dès les premiers jours de février, et lorsque la température du terreau n'est qu'à 30 degrés centigrades, de la graine de melon soit en rayons, soit à la volée, et on répand sur elle 1,5 cm de terreau ayant la même température. On couvre le châssis de paillassons pour produire l'obscurité jusqu'à la levée de la graine qui s'opère du quatrième au cinquième jour. On a soin aussitôt de rendre au plant la lumière pendant toute la journée, on couvre la nuit, et on maintient la chaleur de la couche comme nous l'avons déjà dit. Dès que le plant montre ses cotylédons on donne de l'air le plus possible pour l'empêcher de s'étioler ; il faut aussi disposer les couches pépinières de la même manière que les couches de semis, pour opérer le repiquage et dans les proportions convenables. Ces couches exigeant une huitaine de jours pour que leur température tombe au degré nécessaire qui est toujours entre 25 et 30 degrés centigrades, le plant alors a la force convenable au repiquage, ce qui est indiqué par le développement des deux premières feuilles au-dessus des cotylédons. Arrivé à ce point, on passe la main sous chaque plant de melon qu'on enlève avec un peu de terreau ; on secoue celui-ci et on repique le plant à nu, avec le doigt, sur le terreau des nouvelles couches à 12 cm en tous sens et en l'enfonçant jusqu'au cotylédon. On peut repiquer aussi en pots de 12 cm. On couvre de paillassons pour produire l'obscurité, ce qui est de règle générale pour tous les semis sur couche jusqu'à la levé, et pour tous les repiquages le jour de l'opération. Enfin il s'agit de planter les melons, ce qui se fait sur couches préparées à temps, chargées de 25 cm de bonne terre meuble et bien émiettée, et sur lesquelles sont placés les panneaux aussitôt leur confection. Quatre ou cinq jours avant la plantation on étête les plants, c'est-à-dire qu'on supprime leur sommet au dessus des deux premières feuilles. On plante au milieu de la couche et à raison de deux pieds par panneau. On prépare d'abord les deux mains sous chaque plant qu‘on enlève avec le terreau qu'elles peuvent contenir, et on dépose le tout dans les trous préparés. Les cotylédons doivent se dessécher et tomber spontanément ; si en déplantant on remarquait qui fussent pourris, il faudrait rejeter le plant qui les porte, ou si la nécessité forçait à l'employer, ce ne devrait être qu'après avoir coupés rez la tige, et saupoudré la plaie avec de la cendre ou un peu de chaux. On conçoit que dans toutes ces opérations il faut entretenir la chaleur des couches par les couvertures, les accots, les réchauds, bassiner légèrement les repiquages et la plantation, s'il n'y a pas assez d'humidité, et donner de l'air le plus possible après la reprise, ne fût-ce qu'en soulevant et en refermant de suite le châssis. Si l'on ne faisait qu'un seul semis, on n'aurait qu'une seule saison de melons. Il faut donc en faire plusieurs successifs, dont voici approximativement les dates. Le premier dans les 10 premiers jours de janvier, production du 1er au 10 mai ; le deuxième vers le 15 février, production du 15 au 20 juin ; le troisième vers le 15 mars, production à la fin de juillet ; le quatrième de fin mars au 1er mai, dont les produits arrivent de la fin d'août au 15 septembre. Les melons des deux premiers semis sont conduits sous châssis, les deux derniers peuvent être plantés sur couche sourde et sous cloches. Au 15 juin on peut ôter les panneaux et les cloches, la température atmosphérique étant assurée. L'étêtement dont nous avons parlé avant la plantation constitue la première taille. Elle fait développer deux branches qu'on taille sur la quatrième feuille quand elles ont environ 33 cm. On étale alors sous ces branches un paillis épais qui tapisse l'intérieur des châssis. Après cette taille il faut pailler également les melons sous cloches qu'on soulève sur des crémaillères pour laisser passage à ces deux premiers bras. Ils forment chacun trois ou quatre ramifications dont la suppression au-dessus de la troisième feuille constitue la troisième taille. C'est ordinairement alors que les mailles se forment, et lorsqu'on a fait le choix de celles à conserver, on assure le fruit, en taillant la branche qui le porte à une feuille au-dessus de lui. Tel est l'objet de la quatrième taille. La cinquième et dernière consiste à pincer au-dessus de leur première feuille toutes les nouvelles branches qui tendraient à dépasser la largeur des coffres, ou de la couche dans la culture sous cloches. Toutes ces tailles se succèdent de 10 à 15 jours, selon l'état de la végétation et celui de la température. On laisse de un à trois fruits sur les melons de petit volume, et un seul sur ceux d'une certaine grosseur. On cesse de tailler quand les fruits sont aux deux tiers de leur grosseur, autrement les fruits ne grossiraient plus. On choisit pour les cultures sous châssis les variétés les plus précoces, comme l'orange, les petits prescotts, le fin hâtif d'Angleterre ; pour la culture sous cloches, les variétés les plus grosses. Les cantaloups sont en général ceux qu'il faut cultiver de préférence. En résumé les melons exigent une température élevée mais égale, beaucoup d'air et des arrosements raisonnés ; Ils craignent le froid et les coups de soleil. On les laisse mûrir sur couche. 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