Les paillassons

Les paillassons jouent un rôle important dans l’horticulture.


On les emploie 1° à couvrir les serres et les châssis pour y maintenir la chaleur en s’opposant à sa déperdition au travers des vitraux, et aux mauvais effets du rayonnement ; 2° à ombre les mêmes conservatoires pour garantir les jeunes plants ou les végétaux délicats de l’action des rayons solaires ; 3° à servir d’auvent aux espaliers, principalement aux pêchers ; 4° enfin, à former des brise-vent, espèces d’abris mobiles. Nous appellerons les premiers paillassons pleins, les seconds paillassons à claire-voie, les troisièmes paillassons auvent, et les quatrièmes paillassons brise-vent.

Nous allons indiquer sommairement les moyens de les faire, car il y a économie à les fabriquer. Les paillassons pleins et les paillassons brise-vent sont longs de 2 m et larges de 1,33m. Cette grandeur est la plus commode. On pose sur un terrain plat et uni deux traverses de bois longues de 2 m, larges de 10 cm et épaisses de 5 cm ; on les dispose parallèlement à une distance de 1,33 m. Cet espace est divisé en trois parties égales, aux extrémités de chacune desquelles on plante un piquet. On fixe à un de ces piquets, au moyen d’une boucle, de la ficelle dite à paillassons, et on l’attache par deux ou trois tours au piquet opposé. On mesure ensuite deux fois la longueur de la distance entre les deux piquets avec la ficelle, qu’on coupe alors ; on en fait autant aux deux autres rangs de piquets ; on pose ensuite sur les trois ficelles tendues et en travers de l’intervalle vide entre les deux tringles un lit de paille de seigle bien épurée et égalisée par le bout coupé qu’on ajuste contre une d’elles, puis un second lit de même épaisseur qu’on range tête-bêche sur le premier, et dont le pied touche à l’autre tringle, de façon que les épis se trouvent croisés. On dispose sur une navette toute la ficelle restée libre sur le piquet du centre, par lequel on doit commencer à coudre le paillasson. Pour cela, on prend une pincée de paille d’un diamètre d’environ 2 cm, on passe la navette par-dessus, puis par-dessous, en comprenant dans cette révolution la ficelle tendue sur la terre, enfin on glisse la navette dans cette maille pour former une espèce de nœud coulant que l’on serre en posant le pouce sur la paille pour qu’elle soit plus plate que ronde. On a soin de ne pas serrer avec excès, pour que la paille, gonflée par l’humidité, ne rompe pas la ficelle. On continue de cette manière jusqu ‘à la fin, en faisant le plus également possible les pincées de paille, qui doivent se toucher. En finissant, on noue ensemble les deux bouts de ficelle. Cette sorte de couture se fait de même sur les deux autres ficelles tendues, et le paillasson est terminé. Dans cet état, il peut servir à couvrir les châssis et les serres. Quand on veut en faire des brise-vent, on les pose de champ autour des objets qu’on veut abriter et on les maintient avec des piquets plantés en terre et les lattes horizontales fixées avec des fils de fer.

Les paillassons à claire-voie se font de la même manière, excepté qu’on espace chaque pincée de paille d’un centimètre environ, et qu’on n’y comprend que 5 brins. On fait encore un abri fort léger contre le soleil en tendant deux ficelles sur des piquets plantés aux quatre coins d’une planche dans la terre de laquelle on a disposé des plantes en pots. On pose sur ces deux ficelles un rang de pailles fortes et choisies que l’on y coud une à une par le moyen d’une petite navette. Cet abri une fois placé ne se dérange plus qu’à la fin de la saison et garantit des brûlures sans diminuer la masse d’air.

Les paillassons auvents, destinés à garantir les arbres en espalier et particulièrement les pêchers, se font plus simplement. Leur largeur dépend de l’exposition et de la hauteur des murs. Supposons que ceux-ci aient 3 m : elle devra être de 40 cm au midi, de 30 à l’est et de 50 à l’ouest. Si les murs sont moins hauts, la largeur peut être diminuée de 2 cm par 30 cm en moins ; s’ils sont plus hauts, elle devra être augmentée de 4 cm par 30 cm en plus. La longueur est subordonnée à la distance des supports sur lesquels ils doivent être fixés. S’ils sont à 1 m, on fera les auvents de 2 ou de 3 ; s’ils sont à 2 m, on les fera de 4. On a un châssis de la longueur voulue et maintenu à la largeur nécessaire par deux traverses percées de plusieurs trous à leurs extrémités pour recevoir une cheville en fer. On place deux lattes de longueur à plat sur le terrain sur lequel repose le châssis, et éloignées d’environ 6 à 8 cm des montants. On range transversalement aux châssis un lit de paille de seigle bien talonnée et dont le pied porte contre un des montants. Avec une tringle en bois suffisamment forte et placée parallèlement au montant, on presse sur la paille pour l’enfoncer et on pose précisément, au-dessus de la latte qui se trouve dessous, une autre latte pareille, et on les attache ensemble avec du fil de fer de distance en distance. Cela fait, on agit de la même manière du côté opposé, on retire le paillasson du châssis puis, avec de grands ciseaux, on coupe proprement le bord à largeur voulue. Ces paillassons auvents s’appuient contre les murs sous le chaperon et sont portés par les supports dont nous avons parlé, ou par des espèces de potences en bois dont le dessus est incliné, et qu’on fixe avec de l’osier sur les mailles du treillage, ou en les clouant sur les murs. De distance en distance, on place sur le mur sous le chaperon un fort clou sur lequel on assujettit les auvents au moyen d’osiers qui embrassent les lattes de devant. Cette précaution est nécessaire pour les empêcher d’être enlevées par le vent.




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