La patate douce

Batate, convolvulus batatas, de l'Inde et de l'Amérique méridionale.


Elle est très cultivée dans les pays chauds, où elle joue le rôle de la pomme de terre dans les contrées septentrionales. On multiplie les patates de boutures que l'on fait avec de jeunes pousses obtenues sur les racines conservées et plantées sur couche sous châssis, dès le mois de février. On détache ces jets lorsqu'ils ont 6 à 8 cm, et on les repique en petits pots que l'on enterre sur couche également sous châssis, et auxquels on donne un léger bassinage. On plante, dès la fin de mars, sur couche sourde bombée et chargée de 40 à 50 cm de bonne terre légère, ces boutures enracinées en pots, et on les couvre de châssis ou au moins de cloches. On maintient les uns et les autres aussi longtemps qu'il est nécessaire en donnant de l'air, et on ne découvre complètement que vers le 15 mai. Le reste des soins consiste à arroser et à sarcler au besoin. De cette manière on obtient dès le mois d'août quelques tubercules bons à consommer. En plantant sur couche chaude, sous châssis, aussitôt, que les boutures sont enracinées, on a des produits dès la fin de juin. On peut encore ne planter sur couche sourde que dans la première quinzaine de mai, lorsqu'on ne veut donner aucun abri : il faut cependant couvrir encore d'une cloche chaque plant pendant quelques jours jusqu'à ce que la reprise soit assurée. On plante toujours sur un rang au milieu de la couche, en espaçant les plants de 65 cm. Il y a avantage à planter les patates dans un encaissement qui force les tubercules à se former plus rapprochées et à prendre un volume plus grand. A cet effet les uns plantent dans des paniers, dans des caisses en bois, mais mieux vaut les circonvenir de tuiles plates placées de champ. On récolte le plus tard que le permet la saison, en arrachant avec précaution, car les tubercules blessés ne se conservent pas, et on dépose les produits en lieu sec. D'autres laissent sécher la terre qui contient les patates, jettent sur elle une couche litière, et posent par-dessus un châssis pour ne retirer les patates qu'au fur à mesure des besoins de la consommation. Enfin un troisième moyen de conservation consiste à faire en octobre une couche épaisse de fumier et feuilles sèches très inclinées vers le midi et dépassant le sol de 50 cm. On y pose les coffres, que l'on remplit de terreau mêlé avec un peu de sable fin, l'un et l'autre très secs, et on couvre de châssis pour empêcher l'humidité d'y pénétrer. Aussitôt les tubercules récoltés et ressuyés, on range à plat sur du terreau de cette couche ceux qui sont complètement sains, aussi près que possible sans se toucher, et la pointe dirigée vers le bas de la couche et on les couvre d'environ 10 cm de terreau tamisé et bien sec. Dans cet état, les patates passent parfaitement l'hiver en les préservant de l'humidité et du froid par des paillassons, de la litière dont on couvre les châssis pendant la nuit, et en entourant le coffre d'un réchaud si cela est nécessaire. On a soin de tenir les châssis découverts pendant le jour.

On cultive la rouge longue, la jaune longue, la violette, la plus estimée et quelques autres. On cultive encore la patate igname, qui donne d'énormes produits, mais moins délicats.