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De quelques cultures de serres

Notions générales sur les divers conservatoires employés en horticulture.
serres, serre en photo



Orangerie

Elle doit avoir l'exposition du midi être peu profonde, pour que le dernier rang des arbres n'y soit pas dans l'obscurité. Ses fenêtres doivent être grandes et multipliées, vitrées en verres doubles espacés d'un centimètre au moins ; ses murs et son plafond assez épais pour s'opposer à la gelée ; sa porte assez grande pour permettre sans froissement l'entrée des plantes, et son sol sec et ferme. L'orangerie reçoit tous les végétaux à feuillage persistant qui sans exiger de chaleur, ne passeraient pas sans dommage l'hiver à l'air lire, et qui cependant ne fleurissent pas avant le 15 mai. On peut aussi y adapter un poêle, bien que la plupart des plantes d'orangerie ne souffrent pas quand le thermomètre y descend à 0.

Toutes les plantes qu'elle reçoit ne sont pas vigoureuses au même degré ; c'est-à-dire qu'elles ne doivent pas entrer et sortir de l'orangerie au même moment. Nulles ne peuvent être mises dehors avant le 15 avril, et les plus délicates le 15 mai au plus tôt. Les premières peuvent résister en plein air jusqu'à la fin d'octobre ; les secondes doivent être rentrées dès les premiers jours de ce mois.

Tous les végétaux importés de la Nouvelle-Hollande, de la Nouvelle-Zélande, du Chili, et une grande partie de ceux du Cap peuvent être cultivés en orangerie. Les uns exigent les places éclairées de ce conservatoire, les autres peuvent être placés dans les endroits obscurs ou sous le feuillage des plus grands végétaux.

On peut, jusqu'à un certain point, suppléer au défaut d'orangerie en appliquant contre un mur la charpente d'une serre mobile non vitrée. On la couvre pendant l'hiver de paillassons en nombre suffisant pour former une couverture qui arrête parfaitement le froid, ce qu'on obtient avec une épaisseur de 16 cm. On les attache avec des cordes. Quand il ne gèle pas, on en déplace afin de renouveler l'air.

Serre mobile

Lorsqu'on a des panneaux vitrés sans emploi, on peut les utiliser en les appliquant contre un espalier pour hâter la végétation, et par conséquent la fructification des arbres qu'on recouvre ainsi. Il faut qu'ils soient soutenus par des montants, que les deux côtés soient hermétiquement fermés par des planches, et que sur l'un de ces côtés on ménage une porte pour pouvoir entrer dessous. Si on veut chauffer pour obtenir de véritables primeurs, on peut disposer un poêle dont les tuyaux passent près de terre, le long de la base de ces panneaux. Lorsqu'il y a entre cette base et le mur de l'espalier un espace suffisant en outre du sentier, on le garnit de pots de fraisiers, qu'on rapproche autant que possible des verres.

Serre froide

La serre froide est entièrement vitrée, c'est là sa principale différence avec l'orangerie, qui pour certaines plantes n'a pas assez de lumière. Elle a deux pentes assemblées au milieu par un petit toit couvert en zinc, et qui sert de sentier pour le service extérieur. On y établit deux bâches séparées par un sentier. La terre dont on les emplit est en quantité proportionnée à la grandeur des végétaux qu'on y place, et on lui donne l'inclinaison que commande le vitrage. On ne fait point de feu dans la serre froide, à moins qu'un froid de 10 à 12 degrés se prolonge, pendant un mois. On fait alors usage d'un poêle, et on le chauffe que tout juste ce qu'il faut pour que, à l'intérieur, le thermomètre ne descende pas plus bas que trois degrés sous zéro.

Les plantes de serre froide, plantées dans la pleine terre des bâches, ne réclament pas beaucoup de soins. Pendant la belle saison, la serre est entièrement depanneautée, et elles vivent comme en plein air ; seulement il faut veiller à cette époque à les garantir des mauvais effets des orages et surtout de la grêle. Quand le froid augmente, on ajoute à la couverture du nord des voliges et de la litière, et on l'établit à demeure jusqu'au printemps. Quant au côté du midi, on le garni de paillassons qu'on a soin de lever pendant le jour lorsque le temps est doux, et qu'il faut soigneusement replacer tous les soirs. Toutes les couvertures sont ôtées définitivement au mois de mars, pour ne pas laisser trop longtemps les plantes privées de lumière. Les panneaux peuvent être enlevés au 15 mai et doivent être replacés au plus tard le 15 septembre. Les plantes cultivées en pots et qui n'exigent pas un conservatoire plus chaud, peuvent être rentrées dans la serre froide vers le 15 septembre, et placées sur des gradins, et sorties après le 15 mai pour être déposées en plein air, à des positions plus ou moins ombragées selon leur nature.

Le jardin d'hiver est une serre froide assez spacieuse pour qu'on puisse y dessiner un jardin et la planter de végétaux qui conviennent à cette température.

Serre tempérée

La serre tempérée peut être disposée à un versant lorsqu'elle est appuyée contre un mur, ou à deux lorsqu'elle est en plein terrain. Elle ne diffère en rien de la précédente quant à la forme et à la disposition. Son sol devant être très sain, il vaut mieux qu'il soit plus élevé que celui de l'environnement. L'inclinaison des châssis peut varier de 30 à 50 degrés suivant qu'on veut y cultiver des végétaux plus élevés. La température de la serre ne doit pas surpasser les 25 degrés en été, ni descendre plus bas que 8 degrés sur zéro en hiver, ce qui nécessite un appareil de chauffage, soit thermosiphon ou autre. On peut cependant donner de l'air à la serre toutes les fois qu'à la fin de l'hiver le thermomètre est à l'extérieur à 6 degrés sur zéro. Cette aérification est favorable à l'évaporation de l'humidité intérieure qui est un des plus grands inconvénients de ces conservatoires. Pour cela on soulève un pu plusieurs panneaux et on les referme avant que la température s'abaisse. Dans les serres à deux pentes, c'est toujours sur le côté qui regarde le midi qu'il faut lever les panneaux. Il est très essentiel d'ombrer avec des toiles les plantes de serre tempérée au début de la reprise de leur végétation, car alors elles redoutent beaucoup l'insolation.

Serre chaude

Pour peu qu'on cultive des plantes qui appartiennent à cette température, il faut deux sortes de serres. L'une sèche et l'autre humide.

La première doit être adossée à un mur en briques de 50 cm d'épaisseur ; elle n'a qu'un versant regardant le midi et dont l'inclinaison varie selon la hauteur des végétaux qu'on y loge. La disposition intérieure est une bâche d'une largeur proportionnée à celle de la serre et entourée de sentiers. Elle est construite en dalles minces et remplies de terre végétale appropriée à la nature des végétaux qu'on veut cultiver. La chaleur dont ils ont besoin doit être produite par un appareil de chauffage et non par la fermentation des matières employées à cet usage, pace qu'elles répandent de l'humidité. Sa température ne doit jamais, même dans les plus grands froids, descendre au-dessous de 10 degrés, ni pendant l'été surpasser 35 degrés. On place sur le devant de la serre des tablettes ou des dalles d'environ 40 cm de largeur sur lesquelles on dépose les plantes qui ont le plus besoin de lumière. Lorsqu'on ne remplit la serre que de plantes en pot, la bâche est inutile, un gradin suffit. On peut à volonté convertir cette serre en serre humide, en arrosant les sentiers, pour produire une évaporation suffisante.

La seconde doit jouir également de l'exposition méridionale. Elle est dans une position avantageuse lorsqu'on peut l'adosser à un mur de terrasse qui transmet une humidité favorable. Elle n'a de même qu'un versant. Sa température ne doit en aucun temps descendre au-dessous de 10 degrés ni dépasser 30 degrés sur zéro. Toutefois un abaissement plus inférieur qui ne serait que momentané ne pourrait être très nuisible. Il n‘est pas rare de voir sur les feuilles le matin une sorte de rosée résultant de la condensation pendant la nuit des vapeurs humides de la serre, surtout lorsque son sol est plus bas que le terrain environant. Il faut pour les plantes de ces deux serres avoir l'attention d'ombrer au besoin et de donner de l'air quand le temps le permet ou l'exige.

Observations générales

L'orangerie et les différentes serres doivent toujours êtres munies d'un ou plusieurs thermomètres, afin de connaître constamment et avec exactitude le degré de la température régnante. Il faut visiter le plus souvent possible les plantes renfermées dans ces conservatoires pendant la saison de l'hiver. On a soin de les nettoyer des feuilles mortes et des moisissures qui peuvent s'y développer, et de laisser entre elles le plus grand espace possible pour qu'elles soient une somme d'air suffisante pour entretenir leurs feuilles et s'opposer à la moisissure. Il faut profiter exactement de tous les instants de beau temps pour leur rendre la lumière et les aérée, avec le soin de fermer les châssis soulevés avant l'abaissement de la température et de replacer les paillassons assez de temps pour que la chaleur produite par la présence momentannéee du soleil soit conservée dans la serre.

L'eau destinée à l'arrosage doit séjourner dans chaque conservatoire afin d'en prendre la température. Ils doivent d'ailleurs êtres rares en hiver. Les plantes cultivées en pots, et placées sur des dressoirs ou gradins sont celles qui en réclament davantage, parce qu'elles évaporent plus vite leur humidité. Il faut veiller à ce que a terre des pots ne se durcisse pas autour des racines qu'elle prive ainsi du bienfait de l'arrosage qui ne peut parvenir jusqu'à elles. Dès qu'on s'en aperçoit, il faut dépoter, dégager les racines de l'étreinte qu'elles éprouvent et rempoter immédiatement dans une nouvelle terre peu tassée.

Le rempotage est au reste pour les plantes de serres une opération de la plus grande importance. On conçoit qu'on emploierait un trop grand espace si l'on donnait à chaque plante, dès le début, un vase aussi grand qu'il le lui faudra lorsqu'elle aura pris sont développement. Ce n'est donc que graduellement et successivement qu'il faut leur donner des pots ou caisses proportionnés à leur volume. Il y a d'ailleurs des végétaux qui réussiraient mal si on ne maintenait leurs racines dans un espace restreint. L'époque favorable au rempotage est indiquée par l'état de la plante aux yeux des praticiens exercés. Mais en général c'est avant la reprise de la végétation que cette opération est favorable, et les plantes de serre renouvelant leur activité végétative aux diverses époques de l'année, il en résulte que le rempotage varie selon les espèces de végétaux.

La terre de bruyère pure ou mélangée dans diverses proportions est celle qu'on emploie plus généralement pour remplir les poteries et les bâches des serres. Les plantes cultivées dans la pleine terre de ces dernières ont besoin de peu d'arrosement, excepté celles de la serre chaude humide.

Toutes les plantes de serre ont besoin d'être garanties de l'insolation par des toiles ou des claies pendant la belle saison et de jouir de beaucoup d'air. Parmi celle de la serre chaude sèche, un grand nombre peut être mis en plein air à exposition ombragée dès le mois de juin et rentrée à la fin d'août. Il ne reste dans la serre tempérée durant l'été que celles plantées en pleine terre, mais on enlève les panneaux pour qu'elles jouissent de l'air libre.

Le thermosiphon ou le chauffage par la circulation de l'eau chaude, est aujourd'hui le moyen le plus généralement employé pour produire dans les serres la chaleur artificielle nécessaire.