Le travail de la terre

Avant d’emblaver un terrain, il a besoin d’être préparé à recevoir les graines, les plantes ou les arbres qu’on lui destine.
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Si le terrain n’a point encore été cultivé en jardin, il est utile de le défoncer. Pour cela, on sonde l’épaisseur de la terre végétale, et on porte le défoncement jusqu’au point où elle finit. Cette opération a pour but de ramener à la surface les éléments les plus utiles à la végétation, et que l’eau des pluies a entraînés au fond, au cause de leur solubilité dans ce fluide. Cette opération peut se faire en toute saison, mais mieux en automne et en hiver ; toutefois il ne faut pas dépasser l’épaisseur de la couche végétale, parce que l’on risquerait de ramener à la superficie une terre stérile. Ce n’est que dans les localités où la terre arable n’a pas au moins la profondeur de 50 cm, que, dans le but d’augmenter son épaisseur, il faut bien attaquer la couche inférieure, et suppléer par des engrais à son peu de fertilité.

Cette profondeur de 50 cm n’est pas suffisante pour les arbres fruitiers, le défoncement doit avoir au moins un mètre. Mais si on recule devant la dépense d’un défoncement entier, il faut ouvrir des tranchées à cette profondeur, sur les lignes que devront occuper ces arbres, et en garnir le fond avec de bonnes terres. Le défoncement se fait à la pioche dans les terrains durs et compacts, et à la bêche dans ceux plus perméables.

On débute par ouvrir une jauge, en commençant le travail, sur la largeur du terrain à miner, en le divisant toutefois par planches, suivant son étendue. La terre qu’on en sort doit être épierrée, quelquefois même passée à la claie et déposée sur le côté. On continue ce travail en rejetant dans la jauge ouverte la terre qu’on tire de la seconde tranchée, après l’avoir ameublie de la même manière, et on continue jusqu’à la fin ; on remplit alors la dernière jauge avec la terre de la première.